2010-06-09
UN DÉBAT PERTINENT SUR LA FIN DE VIE À l’AQDR

Le 25 mai, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) de Laval a tenu un débat entre experts, le dernier volet de sa réflexion publique sur la fin de vie et le droit de mourir dans la dignité.
La journaliste Ariane Émond a animé un débat empreint de respect et d’intérêt mutuel devant plus de 165 personnes, rassemblées à la Place ds Aînés de Laval.
Le panel était composé de Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé depuis plus de 25 ans en responsabilité médicale, Marcel J. Mélançon, professeur et chercheur en bioéthique à l’Université du Québec à Chicoutimi et du docteur Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec.
Le débat a débuté quelques minutes après le lancement des documents officiels de la consultation itinérante sur le droit de mourir dans la dignité, organisée par le gouvernement du Québec à l’automne 2010. Chaque panelliste y est d’abord allé de sa présentation.
Premier à lancer les discussions, Marcel J. Mélançon a exposé le contexte socio-culturel et les concepts fondamentaux de fin de vie, en plus d’aborder l’épineuse question de l’éthique. Le professeur n’a pas hésité à inscrire le sujet sensible de l’arrêt de traitement, du suicide assisté et de l’euthanasie dans un contexte historique. «Ce sera un choix de société où les citoyens auront la possibilité de faire un choix individuel», d’affirmer M. Mélançon.
Pour sa part, Yves Robert a insisté sur l’impasse exprimée par le Collège des médecins. Lorsque confronté à la mort, pour des gens de tous âges, des personnes cancéreuses, accidentées ou âgées, le médecin conserve depuis toujours la même obligation: maintenir la vie à tout prix.
«Ultimement, la décision de fin de vie appartient au patient et son médecin. D’ordinaire, le patient dit à son médecin: j’ai peur de souffrir et que ce soit intolérable. Le médecin lui répond: je vais t’accompagner et nous allons faire ce chemin ensemble. Il faudra entre autres savoir si l’on veut mettre de l’avant une éthique de vie ou une éthique de soins», de souligner M. Robert.
De son côté, Jean-Pierre Ménard a noté que le Barreau fera connaître sa position vers la fin de l’été. L’avocat bien connu a relevé des principes fondamentaux inscrits dans la loi, dont celui de l’intégrité du corps ou de ne pouvoir être soumis à des soins sans y avoir consenti, soit l’inviolabilité de la personne. Sans oublier le droit de prendre ainsi une décision irraisonnable ou une mauvaise décision pouvant créer sa mort
«C’est clair qu’il faut améliorer les droits des patients dans un cadre de fin de vie, notamment dans les soins palliatifs, où c’est un peu n’importe quoi en ce moment», d’observer M. Ménard, après avoir rappelé au passage les dates historiques de la décriminalisation du suicide et de l’avortement.
Par la suite, le débat a fait place aux préoccupations du public. Les échanges ont porté principalement sur la situation en Belgique et aux Pays-Bas, où l’euthanasie est légalisée en certaines circonstances, sur l’approche du Québec en matière de soins palliatifs, ainsi que les risques de dérapage (ex: eugénisme) dans l’application d’une nouvelle démarche sur le plan des décisions de fin de vie.
Deux premières rencontres
Mentionnons finalement que le 26 janvier dernier, plus de 115 personnes s’étaient réunies pour entendre Isabelle Marcoux, psychologue et chercheure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, expliquer les différents concepts de décision de fin de vie, afin d’en améliorer la compréhension et leur portée.
Le 8 avril, 60 de ces personnes avaient poursuivi l’exercice lors d’ateliers sur l’euthanasie et la fin de vie. Elles ont alors partagé en ateliers, leurs points de vue, développé et mis en commun leurs réflexions.
Le débat du 25 mai était le dernier événement qui conduira l’AQDR à préparer un mémoire et à en faire la présentation à la consultation itinérante sur le droit de mourir dans la dignité, organisée par le gouvernement du Québec à l’automne 2010, avait déclaré en ouverture Laurent Guay, président de l’AQDR Laval.
Publié le 9 Juin 2010






