2010-11-04
Une tendance lourde s’observe à Laval
Conversion de logements en condo
Les demandes de conversion de logements en copropriétés divises sont en importante augmentation à Laval depuis l’an dernier.
1) Le taux d’inoccupation des logements locatifs fourni par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL);
2) De la disponibilité de logements comparables;
3) Des besoins en logements de certaines catégories de personnes;
4) De l’information fournie par les locataires à l’effet que leurs droits sont respectés dans le processus de conversion;
5) Il n’y a aucune éviction de propriétaires;
6) Des caractéristiques physiques de l’immeuble;
7) Du fait que l’immeuble a été construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d’un programme gouvernemental ou municipal d’aide à l’habitation.
Marc Laforge, de la Ville de Laval, nous dit que les permissions sont accordées avec parcimonie. «Nous n’avons que très peu de demandes, globalement, une à trois par année. Nous avons accepté jusqu’à présent 15 % des requêtes. Nous faisons un suivi de près de tous les dossiers.»
Or, depuis les dernières semaines, la Ville a autorisé la conversion de 64 logements en copropriétés divises. La régie du logement a donné son approbation, après la recommandation favorable du conseil exécutif, le 6 octobre dernier. Et ce n’est pas terminé, puisque trois autres dossiers, mettant en cause une bonne vingtaine d’autres logements, reviendront devant la régie incessamment.
«La ville ne provoque les choses, ne stimule pas la demande. C’est un pur hasard si un si grand nombre de dossiers ont cheminé en ce laps de temps. Le comité consultatif d’urbanisme (CCU) est autonome et s’assure que tous les critères sont respectés avant de présenter les projets au conseil exécutif. Le CCU évalue à la pièce, au mérite. Je n’y vois pas d’anomalies », précise Marc Laforge.
Statistiques
Le dernier bulletin annuel de la SCHL établissait que Laval détenait le marché locatif le plus serré de la grande région de Montréal, couronne nord et sud étant comprises. Pour octobre 2009, le taux d’inoccupation observé était de 1,7 %, en baisse de 0,7 % par rapport à octobre 2008. La SCHL précisait que cette donnée était fortement influencée par le taux d’inoccupation des quartiers Chomedey et Sainte-Dorothée qui a affiché une diminution marquée (1,7 point de pourcentage). Le rapport détermine aussi que la recherche des grands appartements, deux chambres et plus, demeure problématique en raison du taux d’inoccupation plus bas que le taux moyen qui se situe à 1,7 %. La SCHL a également constaté que l’état du marché a fait grimper le coût du logement de 3,4 % en un an, soit plus qu’à Montréal ainsi que sur la Rive-Nord et la Rive-Sud.
Pour Bertrand Richer, économiste principal à la SCHL, «le marché est relativement serré à Laval, mais on ne se retrouve pas en situation de pénurie, de rareté de logement. J’en conviens que le taux de vacances n’est pas très élevé, mais avant de parler de crise, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte.»
Du côté des organismes sociaux, on ne tient pas le même discours. «On ne devrait jamais accorder de conversion lorsqu’on se retrouve sous le seuil d’inoccupation de 3 %. Laval devrait faire comme Montréal et faire voter une loi interdisant totalement les conversions», nous dit Jean-Claude Laporte du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
De son côté, la Table régionale des organismes communautaires autonomes en logement de Laval (TROCALL) suggérait aux élus, dans une lettre ouverte publiée dans nos pages le 14 octobre dernier, d’adopter différentes mesures qui favoriseraient le développement du logement social.
http://lechodelaval.canoe.ca/webapp/sitepages/content.asp?contentid=164951&id=2486&classif=Nouvelles






